03 novembre 2007

Janco

L'homme a la singularité d'agacer à peu près tout le monde.

Les écologistes radicaux, qui ne l'aiment guère, le qualifient parfois de "VRP attitré de l'industrie nucléaire". Hélas, Jean-Marc Jancovici n'est pas plus en cour auprès des économistes libéraux : le fâcheux plaide en faveur d'une taxe et ose questionner le dogme de la croissance.

 Scientiste et nucléariste pour les uns ; dangereux décroissant néomalthusien pour les autres. Le conseiller énergie-climat de Nicolas Hulot, polytechnicien et père du bilan carbone, n'est rien de cela.

L'homme n'entre dans aucune case et assure n'avoir qu'une idéologie : "celle des chiffres".

Autant l'avouer, la parole portée par "Janco" – comme on le surnomme parfois dans les rédactions – est assez déprimante. Voire franchement noire.

Dans un avenir tout proche – moins de trente ans –, la production mondiale de pétrole va atteindre son maximum, puis décroître inexorablement. Les prix de l'énergie vont s'envoler, toujours plus vite. Les économies entreront en récession. Partout, les classes moyennes vont s'appauvrir. Le réchauffement climatique s'en mêlera et achèvera de fragiliser les régions les plus pauvres du globe. Face à la pression migratoire qui s'accentuera aux portes de l'Europe et de l'Amérique du Nord, les grandes démocraties seront tentées par la dérive autoritaire… Voilà, résumé à gros traits, le scénario redouté par Jean-Marc Jancovici.

Alors que l'Energy Watch Group vient d'annoncer, lundi 22 octobre, que le pic de production pétrolière mondiale avait été atteint en 2006, l'activité de conseil en entreprise de Jean-Marc Jancovici se porte plutôt bien. Selon lui, "le niveau de prise de conscience est très élevé chez certains patrons".

Oui, mais la croissance avec un grand "C" ?

Dans la dernière livraison de la revue La Jaune et la Rouge, il argumente que la tertiarisation de l'économie est insuffisante pour déconnecter les flux matériels de la croissance. Qu'en conclusion la croissance économique n'est pas plus durable que tenable.

Décroissant, "Janco" ?

Il s'en sort par un artifice comptable – une astuce de calcul qui sied bien au polytechnicien et qu'il détaille dans son dernier livre (Le Plein s'il vous plaît, Seuil, 2006). Il suffirait, en somme, d'intégrer la hausse des prix à la notion de croissance. Hérésie économique ! Car la croissance ainsi calculée pourrait être positive, concède-t-il, "quand bien même la ménagère verrait son pouvoir d'achat diminuer". Rien, en somme, ne sépare Jean-Marc Jancovici de la décroissance : à peine la politesse des chiffres.

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 Son site est une référence qu'il fautr prendre le temps de parcourir :

http://www.manicore.com/ 

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