10 décembre 2007
La fin de l'Empire ?
Il semblerait que l'on y soit vraiment. Le dollar se barre en sucette, les pays émergeant ont peut être fait définitivement surface pendant que les USA plongent...
Les USA ont été anesthésiés par la potion magique des taux d’intérêts bas de Greenspan et par la danse du ventre de la guerre contre l’impôt de Bush, imaginant qu’ils avaient découvert une voie nouvelle conduisant à la prospérité.
En réalité, il n’y a eu aucune croissance économique depuis que Bush est entré en fonction en 2000. Ce à quoi nous avons assisté, c’est à une bulle augmentant sans fin les dettes des ménages et des entreprises, amplifiée par un système de « finance structurée » qui transforme par un coup de baguette magique les dettes (les emprunts subprime) en titres et accroît leur valeur via l’effet de levier.
Aucune croissance, rien d’autre qu’une myriade d’instruments financiers adossés à des dettes, portant des noms bizarres (CDO, MBS, CDS), superposés les uns au dessus des autres...
Les problèmes ont commencé lorsque Greenspan a baissé les taux d’intérêt à 1% en 2003, durant plus d’une année, injectant ainsi des milliers de milliards de crédit bon marché dans l’économie. Cela a créé une apparence de prospérité mais a également donné naissance à une grosse bulle immobilière, agitée aujourd’hui par les spasmes de l’agonie.
Les dégâts dans l’immobilier sont presque trop énormes pour rester compréhensibles. La bulle du crédit hypothécaire vaut à peu près 5 500 milliards et les prix n’ont qu’à peine commencé à chuter. La route est encore longue avant d’atteindre le fond et promet d’être sanglante. Deux millions de propriétaires vont perdre leur maison. 151 sociétés de crédit hypothécaire ont déjà fait faillite. Nombre de Hedge Funds - lestés de milliards de dollars sous forme de titres adossés aux emprunts hypothécaires - se battent pour rester en vie.
En général, les bulles immobilières se dégonflent très lentement, sur une période de 5 à 10 ans. Pas cette fois. Le problème du crédit sur les marchés accélère le rythme de la baisse. Aujourd’hui, même les emprunteurs solvables se voient refuser les prêts. De fait, le LA Business Journal rapporte que les ventes de maisons ont plongé de 50% en un mois.
Sachez le : les dépenses de consommation représentent 70% du PIB des USA.
Toutes les pièces sont en place pour une crise économique et financière majeure aux USA entrainant des répercussions au plan mondial. Le ralentissement, pour ne pas dire l’arrêt, de l’activité dans l’immobilier, la diminution de la consommation des ménages, le resserrement du crédit de banques qui ne veulent ou ne peuvent plus prêter faute de fonds propres suffisants, la contraction des marchés de capitaux finançant les entreprises, les faillites et les pertes qui s’accumulent, forment un cocktail détonnant.
Tous les professionnels le savent, mais la plupart se refusent à l’admettre, tant cette perspective leur est terrifiante.
Tout comme la crise du subprime, avant qu’elle n’éclate.
Donc : Quand vous entendez à la TéVé que la crise des subprimes est derrière nous.....Souriez parce que l'on vous ment !
13:51 Publié dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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