28 mars 2009

Le plus noir

Le plus noir des scénarios climatiques se profile selon le GIEC

Les prévisions du GIEC anticipent une hausse des températures comprises entre 1,1 °C et 6,4 °C à la fin du siècle par rapport à la période préindustrielle.

Stefan Rahmstorf a présenté une étude selon laquelle le niveau des océans pourrait augmenter dans une fourchette de 75 cm à 190 cm d'ici à 2100. Soit bien au-delà des prévisions du GIEC allant de 18 cm à 59 cm.

Spécialiste des écosystèmes, Andreas Fischlin, de l'Institut fédéral de technologie de Zurich, va dans ce sens : "Les écosystèmes stockent 25 % des émissions mondiales de carbone. Cette capacité de stockage devrait culminer vers 2050, avant que les écosystèmes fragilisés par le réchauffement ne se mettent à leur tour à relâcher du CO2 dans l'atmosphère aggravant ainsi le phénomène. Ce problème est beaucoup plus important que nous ne le pensions il y a cinq ans."

"Nous pensions que la survie des ours polaires serait menacée à partir d'une hausse des températures de 2,8 °C, il est probable que cela soit déjà vrai à partir de 1,5°C", avance M. Fischlin.

James Hansen, le célèbre climatologue de la NASA qui fut l'un des premiers à alerter en 1988 sur les dangers du réchauffement, a été plus direct : "Il faut que l'opinion soit sûre d'une chose. Les scientifiques sont clairs. Il n'existe pas de grosses incertitudes sur le film qui est devant nous. Et les politiques ne peuvent pas s'abriter derrière de prétendues inconnues pour ne pas agir."

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05 février 2009

Des feuilles qui tombent

Des feuilles qui tombent des arbres en plein été, des voies ferrées tordues par la chaleur, des habitants se réfugiant dans leur lit avec des thermos remplies d’eau glacée, voilà le spectacle qu’offrait l’Australie durant ces derniers jours où elle subit la pire canicule que le pays ait connue.

Les responsables attribuent cette vague de chaleur - qui fait suite à une sécheresse record - au réchauffement de la planète. Les experts craignent que l’Australie, qui émet plus de dioxyde de carbone par habitant que n’importe quelle autre nation sur terre, puisse aussi être la première nation à imploser sous l’impact du changement climatique.

La semaine dernière, il a semblé par moments que ce soit déjà le cas. Vendredi, le chaos régnait à Melbourne après l’explosion d’un transformateur électrique qui a provoqué l’arrêt de l’ensemble du réseau de transport de la ville, bloqué les ascenseurs et mis hors service les feux de signalisation. Un demi-million de foyers et entreprises ont été privées d’électricité, et les patients étaient refoulés par les hôpitaux.

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La pente est rude, et la route n'est même plus droite.

14 décembre 2008

Yes, we can't !

« Il faut alerter tout le monde sur le fait qu’en ce moment, nous sommes à la limite supérieure du pire scénario. Je crois que nous devons lutter pour respecter les 450 ppm, mais je crois que nous devrions nous préparer au fait que les 550 ppm seront vraisemblablement atteints. La cible des 450 ppm est incroyablement difficile à atteindre » avertit Bob Watson, ancien responsable du GIEC.

Le respect de la limite des 450 ppm requiert une diminution immédiate de 5% des émissions par an dans le monde développé. L’objectif de 20% à horizon 2020, pourtant salué comme un grand succès, est loin du compte !

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27 septembre 2008

VITESSE PRÉOCCUPANTE

La vitesse à laquelle progressent les émissions est plus préoccupante encore que leur valeur absolue de 2007. "Depuis 2000, les émissions ont crû en moyenne de 3,5% par an, soit quatre fois plus vite qu'entre 1990 et 2000, où cette augmentation annuelle n'avait été que de 0,9% environ", explique Corinne Le Quéré (université d'East Anglia et British Antarctic Survey), membre du GCP. A titre de comparaison, le pire scénario du GIEC prévoit seulement une augmentation de 2,7% par an.

"Cela s'explique par le fait que les pays industrialisés n'ont globalement pas diminué leurs émissions depuis les années 1990 tandis que le développement économique des pays en voie de développement, en particulier la Chine et l'Inde, a été beaucoup plus rapide que prévu", ajoute Corinne Le Quéré.

Pourquoi une telle hausse ? "D'abord, il faut avouer qu'il n'y a pas eu d'avancée technologique déterminante, au cours des quinze dernières années, à même de les ralentir significati vement", remarque MmeLe Quéré. L'essentiel (65%) de cette augmentation récente des émissions est imputable à la croissance de l'activité économique, mais 17% proviennent de la baisse en "efficacité-carbone" de l'économie mondiale. "Ce qui veut dire, de manière très paradoxale, qu'il faut aujourd'hui émettre plus de carbone pour produire un dollar qu'il ne le fallait en 2000", décrypte M.Ciais.

C'est beau le progrès...

25 septembre 2008

Climat : la bombe à retardement du méthane est enclenchée

Les scientifiques ont découvert la preuve que les fonds marins de l’Arctique commencent à libérer dans l’atmosphère des millions de tonnes de méthane, un gaz à effet de serre 20 fois plus puissant que le dioxyde de carbone. Les chercheurs ont pu observer le bouillonnement provoqué par le gaz à la surface de la mer.

Le comportement de ces réserves souterraines de méthane revêt une importance majeure car les scientifiques pensent que leur libération subite dans l’atmosphère a provoqué par le passé une augmentation rapide de la température terrestre, entraînant des bouleversements du climat et même une extinction massive d’espèces. Les scientifiques embarqués à bord d’un bateau scientifique qui a navigué sur toutes les côtes nord de la Russie ont découvert des concentrations intenses de méthane - allant parfois jusqu’à 100 fois les niveaux habituels - sur plusieurs zones, couvrant des milliers de kilomètres carrés sur le plateau continental sibérien.

La région de l’Arctique dans son ensemble a connu une hausse des températures moyennes de 4 degrés centigrades au cours des dernières décennies, avec un déclin spectaculaire de l’étendue recouverte par la banquise durant l’été. De nombreux scientifiques craignent que la disparition de la banquise ne puisse accélérer la tendance au réchauffement climatique car l’océan absorbe plus la chaleur du soleil que ne le fait la surface réfléchissante de la glace.

16 juillet 2008

Acidification

Les émissions de dioxyde de carbone dues à l’activité humaines ne sont pas uniquement responsables de l’effet de serre.
Elles ont également commencé à modifier la chimie de l’océan, que l’on qualifie souvent de berceau de la vie sur Terre. Les conséquences écologique et économique sont difficiles à prédire, mais pourraient être catastrophiques, avertit une équipe d’océanographes dans la revue Science en date du 4 juillet, et l’arrêt des modifications déjà en cours nécessitera sans doute une réduction des émissions de carbone plus marquée que celle actuellement proposée pour endiguer le changement climatique.
 
Les océans ont absorbé environ 40% du dioxyde de carbone (CO2) émis par l’homme au cours des deux derniers siècles.
 
Cela a ralenti le réchauffement de la planète, mais a eu un coût certain : l’absorption de dioxyde de carbone a modifié le pH moyen, qui est une mesure de l’acidité de l’eau, à la surface de l’océan. La mesure du pH a baissé d’environ 0,1 unité par rapport aux niveaux pré-industriels. Selon le rythme et l’ampleur des futures émissions, le pH de l’océan pourrait baisser de près de 0,35 unités d’ici le milieu du siècle.
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 Cette acidification peut endommager les organismes marins.
 
La plupart des organismes marins vivent dans les eaux de surface de l’océan, qui seront également les eaux les plus vulnérables à l’acidification induite par le CO2 au cours du prochain siècle au fur et à mesure des émissions de ce gaz. Pour éviter que le pH des eaux de surface ne baisse de plus de 0,2 unités, valeur limite fixée par la US Environmental Protection Agency en 1976, les émissions de dioxyde de carbone devraient être réduites immédiatement.
 
Bien que la réaction chimique de l’océan à la hausse des niveaux de dioxyde de carbone soit relativement prévisible, la réaction biologique est plus incertaine. Le pH de l’océan et la chimie des carbonates ont été remarquablement stables depuis des millions d’années - beaucoup plus stables que la température.

08 juillet 2008

Pollution sonore

La pollution sonore est la menace la plus grave qui pèse sur le milieu marin.

C'est un cri d'alarme que lancent les bioacousticiens présents à la conférence mondiale qui réunit, depuis le 29 juin et jusqu'au 4 juillet à Paris, plus de 4 500 spécialistes de l'acoustique.

Signe de l'importance que ceux-ci attachent à la question, ces rencontres, qui traitent de tous les aspects - scientifiques, médicaux ou industriels - de la discipline, ont été ouvertes par une communication sur l'impact des sources sonores sur les mammifères marins.

Cette pollution d'origine anthropique est multiple : transports maritimes (plus de 50 000 bateaux de gros tonnage croisent sur le seul territoire maritime européen), recherche de gisements pétroliers et gaziers (parfois effectuée à l'aide de canons à air comprimé), manoeuvres militaires (avec utilisation d'explosifs ou de sonars), éoliennes offshore, avions supersoniques... Autant de décibels qui peuvent avoir des effets désastreux sur les mammifères marins, en particulier les cétacés (baleines, dauphins, cachalots, orques, marsouins et autres narvals), mais aussi les pinnipèdes (morses, phoques, otaries).

Le mode de communication de la baleine, lui, est encore très mal connu. Ce géant est capable de "parler" avec ses congénères à des milliers de kilomètres de distance, à l'aide de signaux sonores à très basse fréquence qui colportent sans doute, à travers les océans, des informations sur les bancs de poissons ou de planctons. Plus de 80 espèces de cétacés sont recensées et chacune possède ses spécificités.

Les bruits générés par l'homme peuvent, s'ils sont intenses, provoquer des lésions dans les organes de réception auditive des mammifères ou affecter plus largement leurs systèmes sensoriels, avec des conséquences parfois mortelles.

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Sans être forcément léthale, la pollution sonore anthropique "créé un "smog acoustique" qui masque les signaux émis et captés par les mammifères marins, perturbant ainsi les mécanismes qui leur sont nécessaires pour communiquer, se nourrir et se reproduire", explique Michel André.

D'autant que dans le même temps, ces prédateurs, situés au sommet de la chaîne alimentaire marine, doivent faire face à la dégradation de la qualité des eaux ainsi qu'au réchauffement climatique qui affecte les ressources en plancton.

 

04 juillet 2008

Ours

Ole Bronlund n'est pas un scientifique. Il insiste là-dessus. Mais, après avoir été chasseur d'ours et de phoques pendant quelque trente-cinq ans dans l'est du Groenland, cet Inuit de 50 ans n'en est pas moins un spécialiste des ours. Et en entendant parler de ces ours voyageurs qui avaient dérivé jusqu'en Islande, il est allé consulter le site Internet de l'Institut danois de météorologie, qui publie l'état de la banquise le long des côtes du Groenland.

"Début juin, il y avait moins de 100 kilomètres entre la banquise du Groenland et le nord-ouest de l'Islande, dit-il.Les ours peuvent voir à des dizaines de kilomètres. Ils peuvent sentir des odeurs très loin aussi. Alors j'imagine que ces ours ont dérivé et que lorsqu'ils ont aperçu l'Islande, ils ont nagé jusqu'à la côte, s'ils n'ont pas été portés complètement sur un bloc jusqu'à la côte." Avec leurs grosses pattes en forme de pagaie, les ours peuvent de fait nager jusqu'à 100 kilomètres.

 

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02 juillet 2008

La dérive islandaise de l'ours polaire

Pour les Islandais, c'est un sale coup. Abattre des animaux menacés de disparition en ces temps de prise de conscience globale ne vous fait pas que des amis. Surtout que les ours ont été abattus par la police, comme de vulgaires criminels en fuite. Le premier ours est arrivé à Skagafjordur le 3 juin, où un fermier l'a aperçu en train de déambuler le long d'une route. Vision étonnante, car l'ours blanc n'est pas un animal qui peuple l'Islande.

 Pour Thor Jakobsson, le problème doit venir de là-haut, "car la glace dérivante n'a rien d'inhabituel au large de l'Islande en cette saison". C'est même de là que provient le nom du pays, pays de la glace. Mais, pour lui, il y a peu de doute sur l'origine du phénomène : "Depuis 2001-2002, j'ai constaté des changements radicaux dans la banquise dans notre zone, le long de la cote groenlandaise, à cause du réchauffement climatique, assure-t-il. Il y a moins de glace."

Un drame pour l'ours blanc. Il en reste de 20 000 à 25 000 autour du pôle Nord et ils sont présentés comme la première espèce victime à moyen terme du réchauffement climatique, car ils dépendent de la banquise pour sa survie. Leur technique de chasse au phoque repose dessus.

 

13 mai 2008

Au Cameroun, le trafic de bois illégal continue de prospérer

Fruit de deux ans de travail, le rapport des Amis de la Terre détaille les pratiques qui permettent de maquiller des coupes illégales (iroko, de moabi, de sapeli ou de wenge) en importations tout à fait légales dans les ports européens.

La palette est vaste. En plus des coupes sauvages, possibles grâce à l'achat d'un réseau local d'influences (administration forestière, gendarmerie, armée, etc.), l'accès à la ressource est assuré grâce au trafic de titres d'exploitation. A côté des grandes concessions, soumises à une gestion forestière plutôt stricte, sont distribués des "petits titres". Leur nombre a doublé en 2007, et c'est sur eux que s'appuient les réseaux frauduleux.

Exemples à l'appui, Les Amis de la Terre montrent comment les "autorisations de récupération de bois", délivrées en principe lors de l'ouverture de routes ou de la création d'infrastructures, dissimulent souvent des projets fictifs.

Les chiffres varient entre 15 % et 40 % des volumes exportés. Cette situation est d'autant plus préoccupante que l'Union européenne négocie actuellement avec le Cameroun un accord pour obtenir des garanties sur la traçabilité des marchandises achetées.

Mais que vaut la signature de l'Etat camerounais ?

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