01 août 2008

Chiffres

Sur une distance de 10 km, une conduite limitée à 110 km/h fait diminuer de 40 % le risque d'accident et de 20 % la consommation de carburant. De plus, rouler à 110 km/h permet de limiter les ralentissements en accordéon sur l'autoroute. Quant à la perte de temps, elle n'excède pas 50 secondes.
Mais, il faudrait avant tout mettre les camions sur des trains...

25 juillet 2008

Tracteur

Son vieux tracteur ne lui sert plus qu'à écouter des chansons d'amour au moment de la sieste. Hukma Ram, un agriculteur qui possède 35 hectares de terres, a bien dû se rendre à l'évidence depuis que le vendeur de bidons d'essence, situé à 25 kilomètres de chez lui, a augmenté ses prix : rouler en tracteur est devenu un luxe. Il a finalement redécouvert un autre moyen de transport, plus économique, qui peut charger jusqu'à 250 kg de marchandises, avance à une vitesse moyenne de 30 km/h, ne tombe jamais en panne et, surtout, ne consomme pas d'essence.

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"Le chameau est l'avenir du tracteur", glisse-t-il, avec un large sourire entre ses oreilles percées de boucles d'or. Sur les routes qui traversent les paysages désertiques du Rajasthan, les chameaux n'ont jamais été aussi nombreux à tirer, sous un soleil de plomb, des charrettes transportant des bidons d'eau, des villageois ou encore du matériel agricole. "C'est plus lent mais ça ne consomme que de l'eau et des feuilles d'arbustes", marmonne Hukma Ram.

A la foire de Pushkar, la plus importante du pays, qui a lieu tous les hivers dans un village du Rajasthan, un chameau se vend en moyenne 300 euros, soit cinq fois plus qu'il y a quatre ans. Désormais, la clientèle vient de loin, notamment des grandes villes, car le chameau est capable de passer des dunes de sable au bitume sans sourciller. "Il sait gérer la circulation tout en restant serein. On le conduit comme une voiture. Un coup à droite pour accélérer, et un coup à gauche pour freiner", assure Hukma Singh, un vendeur.

Le chameau est le seul moyen de transport qui offre un retour sur investissement aussi rapide. Avec une charrette qui ne coûte que 500 euros, la mise de départ est raisonnable. "Il y a tellement d'embouteillages en ville que ça ne sert plus à rien de s'acheter une petite camionnette pour aller plus vite", insiste Hukma Singh.

 

10 avril 2008

Le seuil dangereux de CO2

Dans des travaux non encore publiés mais dont une version de travail a été mise en ligne, lundi 7 avril, sur le serveur ArXiv, le directeur du Goddard Institute for Space Studies (GISS) et ses coauteurs évaluent le seuil de danger à 350 ppm environ. Or ce niveau a été atteint en 1990. Il se situe aujourd'hui à 385 ppm.

"Il est possible de revenir à un taux de 350 ppm, assure M. Hansen. Il faut un moratoire sur les centrales à charbon puis supprimer progressivement tous les usages de la houille d'ici à 2020-2030. Il faut aussi revoir nos pratiques agricoles et forestières de façon à séquestrer du carbone."

Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques ont analysé les séries de données retraçant les grandes évolutions climatiques de la planète sur plus de 50 millions d'années.

Pour déterminer un seuil limite, "nous avons examiné la vitesse de déplacement des isothermes, le retrait des glaciers - qui sont très importants pour l'alimentation en eau -, la vitesse d'élévation du niveau des mers, la déstabilisation des calottes glaciaires et la réaction des récifs coralliens", précise Valérie Masson-Delmotte.

 

 

12 février 2008

Pourquoi les magasins laissent-ils leurs portes ouvertes?

Tous les commerçants le disent: le badaud pénètre plus fréquemment dans un magasin si la porte est déjà ouverte.

En termes de stratégie commerciale, quelqu'un qui entre par hasard n'achètera pas forcément; mais quelqu'un qui ouvre lui-même la porte est plus enclin à en faire de même avec son porte-monnaie. Autre règle: une porte fermée donne un standing certain à un magasin, mais l'absence de sas encourage le touriste à la visite et fait le pari d'un achat irréfléchi.

Un argument, incontestable, s'ajoute à ce débat: le bâtiment est le plus gros consommateur d'énergie en France.

Il absorbe 42,5% de l'énergie. C'est plus que les transports, par exemple, qui consomment 30% de l'énergie hexagonale.

Or, le chauffage, c'est 70% de l'énergie consommée par le logement.

 De quoi s'interroger sur la pertinence de chauffer un magasin pour en laisser les portes ouvertes, et, six mois plus tard, de faire de même avec la climatisation.

Le faites-vous chez vous ?

Faites comme moi, dites-le aux commerçants. 

01 janvier 2008

Protection maritime

La France, dont le domaine maritime est le deuxième au monde, derrière les Etats-Unis, mise sur un nouvel outil : le parc naturel marin.

Seulement 0,6 % des espaces marins du globe est couvert aujourd'hui.

la convention sur la diversité biologique des Nations unis recommande la constitution d'un réseau d'aires marines protégées couvrant au moins 10 % de la surface des océans d'ici 2012, en particulier dans les zones proches du littoral, où se concentre la biodiversité. Selon les scientifiques, toute activité humaine devrait être interdite dans ces zones.

Des "priorités géographiques" ont été rendues publiques à Boulogne-sur-Mer. Malgré la richesse exceptionnelle de la biodiversité outre-mer, cette liste concerne pour l'instant la seule métropole. La création d'un parc est acquise sur la Côte vermeille, dans les Pyrénées-Orientales. Le bassin d'Arcachon, la zone regroupant les estuaires de la Gironde et les pertuis charentais, ainsi que la région des trois estuaires de la Somme, de l'Authie, et de la Canche, devraient suivre.

L'activité humaine est importante dans ces zones : la pêche professionnelle mais aussi la pêche de plaisance, qui n'est pas contrôlée. Par exemple, quand 4 500 tonnes de bar sont pêchés chaque année par des professionnels, 5 000 tonnes le sont par des plaisanciers. Sans oublier la conchyliculture, l'exploitation des algues, le trafic maritime, les activités touristiques, la recherche d'hydrocarbures, les activités de l'armée... L'extraction de granulats pour la construction et l'implantation d'éoliennes sont en plein développement.

Le statut de parc naturel marin n'impose pas de règles a priori. Il permet de réunir tous les usagers de la mer et d'élaborer avec eux, en trois ans, un plan de gestion, qui peut comporter certaines interdictions d'accès, mais aussi des codes de bonne conduite, des mesures techniques plus respectueuses de l'environnement, etc.

 Une fois le parc créé, le plus difficile reste à faire", reconnaît Geneviève Rousseau, directrice adjointe de l'Agence des aires marines protégées. Le risque est d'aboutir à des coquilles vides ou à un système à plusieurs vitesses.

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25 décembre 2007

M. Lucas est un récidiviste.

 Saint-Pierre-sur-Dives lui doit d'avoir été, en 1993, la première commune de France à se doter d'une jument de trait. Un jour, en voyant un vieux fourgon diesel redémarrer tous les vingt mètres, à grands coups de fumée noire, pour vider les corbeilles municipales, M. Lucas s'est dit que c'était absurde. Au coeur de cette Basse-Normandie, berceau de l'élevage percheron, M. Lucas a acheté Uranie. Ce fut un tollé.

Aux municipales de 1995, l'équipe sortante est battue ; la jument y est sans doute pour quelque chose. Le nouveau maire a promis de l'envoyer "à la boucherie". Grâce à la mobilisation d'une partie des habitants, elle échappe au couteau.

En 2001, le vent électoral tourne de nouveau. Uranie reprend du service puis, vieillissante, cède la place à Pola de Nesque, de son vrai nom. "Quand je vois les gens s'arrêter dans la rue pour regarder passer Pola, mon bonheur est là", souligne M. Lucas. Région et conseil général ont financé 50 % de l'investissement. Pour compenser les trois emplois nouveaux, quelques départs en retraite ne seront pas remplacés.

Pola est comme les enfants de maternelle qu'elle emmène à l'école : il lui faut un peu de temps pour se réveiller. Le meneur de l'attelage de ramassage scolaire de Saint-Pierre-sur-Dives (Calvados) doit se montrer persuasif pour qu'elle conserve son trot régulier et sonore. Tous les matins, elle traverse cette ville de 4 000 habitants, entre Caen et Livarot, pour transporter en deux tournées 24 bambins d'un quartier périphérique.

 

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Son raisonnement est économique, social et sociétal, avant d'être écologique. Au début des années 2000, Trouville s'inquiète du tonnage quotidien de ses ordures ménagères. En fait, tout ce poids vient du verre usagé de ses quelque 80 restaurants.

La mairie envisage alors une collecte séparée, si possible avec un véhicule non polluant. Mais M. Linot est refroidi par le coût. Pourquoi pas un cheval, comme à Saint-Pierre ? Festival de Mai, le premier percheron affecté au tri sélectif, fait son entrée dans la ville. Pour moins de 10 000 euros, carriole comprise. La mairie embauche trois personnes, autant que pour un camion, affirme M. Linot. Même si le cheval demande plus de disponibilité, week-ends compris. "C'est surtout une question d'organisation", souligne-t-il.

19 décembre 2007

Solution ?

Aux certitudes inébranlables des partisans de son grand retour après l'"hiver de Tchernobyl" répondent les mises en garde de plus en plus nombreuses - pro et antinucléaires mêlés - contre cet excès d'optimisme.
 
Le groupe des Verts au Parlement européen vient de se joindre au concert des sceptiques. Il a publié, mercredi 21 novembre, un rapport (www.greens-efa.org) soulignant les obstacles à son développement et la contribution "négligeable" de l'atome à la lutte contre le réchauffement climatique.
 
ses auteurs préfèrent souligner le caractère virtuel des perspectives radieuses tracées par le "lobby nucléaire". Ainsi faudrait-il mettre 290 réacteurs en service d'ici à 2025 pour compenser la fermeture des centrales actuelles après quarante ans d'exploitation. Un tous les mois et demi jusqu'en 2015. Et un tous les dix-huit jours au cours de la décennie suivante, comme dans les années 1980.
 
Un pari intenable.
Victime de goulets d'étranglement, l'industrie ne pourra pas répondre à un tel plan de charge.
 
Depuis 1985, la consommation d'uranium a dépassé la production et la 1ère progresse plus rapidement que la seconde. Exemple pour 2006 : prod. 46.720t / conso 80.000t. La différence (23.000t, une paille!) est fournie par le démentelement et la dilution des stocks militaires (Megatons to megawatts).
 
La pénurie est prévue pour 2015.
La mine de Cigar Lake aurait pu amortir le choc (8.000t/an), mais elle est sous l'eau, peut-être définitivement...
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06 décembre 2007

Les centrales solaires

Sur le papier, le raisonnement est imparable :

"Les déserts chauds couvrent environ 36 millions de km2 sur les 149 millions de km2 de terres émergées de la planète, explique le physicien Gerhard Knies, inspirateur du projet TREC (Trans-Mediterranean Revewable Energy Cooperation). L'énergie solaire frappant chaque année 1 km2 de désert est en moyenne de 2,2 térawattheures (TWh), soit 80 millions de TWh par an.

Cela représente une quantité d'énergie si considérable que 1 % de la surface des déserts suffirait pour produire l'électricité nécessaire à l'ensemble de l'humanité." Dès lors, il devrait être possible, en multipliant les centrales solaires dans le désert, d'alimenter les pays riverains. Voire les pays européens....

 Deux techniques permettent de produire de l'électricité à partir du soleil. La première, photovoltaïque, convertit directement la lumière en électricité. Elle est adaptée aux toits des maisons, mais non à une production importante. La seconde, thermique, utilise l'énergie solaire pour chauffer de l'eau. Elle permet de monter des centrales de bonne puissance (jusqu'à 100 MW), mais requiert une surface au sol importante (environ 2 hectares par MW).

 

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En Algérie, l'acte fondateur du projet a été effectué par le ministre de l'énergie Chakib Khalil, qui a posé la première pierre d'une installation hybride, comprenant une centrale à gaz de 150 MW et une centrale solaire de 30 MW, dans la zone gazière de Hassi R'mel (Sahara). Son ouverture est prévue pour 2010.

Le 13 novembre, une autre étape a été franchie : le PDG de NEAL, Toufik Hasni, a annoncé le lancement du projet d'une connexion électrique de 3 000 km entre Adrar, en Algérie, et Aix-la-Chapelle, en Allemagne.

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23 novembre 2007

"Décroître", voilà le mot qui fait peur

"Décroître", voilà le mot qui fait peur, et pas seulement aux tenants de l’économie de marché libre et non-faussée. En effet, notre imaginaire culturel est contaminé non seulement par l’impression que c’est la quantité (et non la qualité) de biens matériels que nous possédons qui fait notre bonheur, mais aussi par l’idée que notre capacité (nos emplois) à en acquérir plus dépend de ce rapport surproduction/surconsommation.

Pendant ce temps, chaque Belge jette en moyenne 20% des denrées périssables qu’il achète ; la durée de vie des produits que l’on nous vend ne cesse de se réduire (et c’est "fait pour" afin de nous en faire acheter plus rapidement de neufs) ; nous continuons à accumuler des montagnes de détritus ; à envoyer toujours davantage de voitures et de camions sur les routes et d’avions dans les airs ; etc.

Et pourtant, il n’y a pas là de fatalité, pas plus que nous ne risquons de voir notre bien-être s’évanouir dans le cadre d’une société de décroissance.

Au contraire : l’un des fondements d’une telle société est l’articulation entre une relocalisation de la production, une production de qualité durable répondant aux besoins véritables, et un développement des services aux personnes...

Explicitons notre propos par quelques exemples :

En rapprochant de petites unités de production des lieux de consommation, non seulement nous lutterons contre le réchauffement climatique (en réduisant drastiquement les transports, gros consommateurs d’énergie fossile, en remplacement desquels les agro-combustiblene sont qu’un mirage, sans parler de la non prise en compte de leur empreinte écologique globale) mais également sur l’emploi de proximité.

D’où vient ce que nous consommons ? (nos textiles fabriqués en Chine à 8%, nos fruits et légumes venus en grande partie d’autres continents, etc.) De la manufacture à l’agriculture (d’autant plus si elle est "bio"), la relocalisation est une grande génératrice de main-d’oeuvre ;

Aujourd’hui la plupart des grandes entreprises de production ont un service chargé de "programmer l’obsolescence" des produits ou de les rendre "non-réparables", c’est-à-dire dont la fonction unique est de limiter dans le temps leur durée de vie.

Dans certains cas, c’est au détriment de notre santé qu’on réduit le coût de production, comme l’a démontré encore dernièrement un reportage de la RTBF- il faut mettre fin à cette logique mortifère et faire de la durabilité et de la recyclabilité des normes de fabrication obligatoires.

 

05 juin 2007

Que vont-il faire ?

 Croissance,croissance, croissance ! Economistes, politiques, entrepreneurs, journalistes, tous n'ont que ce mot à l'esprit quand il s'agit de parler des solutions à apporter aux maux de la société. Souvent, ils oublient même que leur mot fétiche n'est qu'un moyen, et le posent en objectif absolu, qui vaudrait par lui-même.

Cette obsession, qui rassemble la droite et la gauche, est aveugle à l'ampleur de la crise écologique : changement climatique, mais aussi crise historique de la biodiversité et contamination chimique de l'environnement et des êtres.

C'est que l'instrument qui sert de boussole aux responsables, le PIB (produit intérieur brut), est dangereusement défectueux : il n'inclut pas la dégradation de la biosphère. Cela signifie que nous contractons à l'égard de celle-ci une dette toujours croissante. La dérégulation émergente des grands écosystèmes planétaires est le prix de cette dette. Si rien ne change, les annuités ne vont plus cesser de s'en alourdir.

L'obsession de la croissance est aussi idéologique, car elle fait abstraction de tout contexte social. En fait, la croissance ne fait pas en soi reculer le chômage : "Entre 1978 et 2005, le PIB en France a connu une croissance de plus de 80 %, remarque Nicolas Ridoux dans le journal La Décroissance d'avril. Dans le même temps, non seulement le chômage n'a pas diminué, mais il a doublé, passant de 5 à 10 %." 

 En réalité, l'invocation permanente de la croissance est un moyen de ne pas remettre en cause l'inégalité extrême des revenus et des patrimoines, en faisant croire à chacun que son niveau de vie va s'améliorer.

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Bon, tout ça, nous, on le savait déjà...

 

Ce qui est nouveau c'est que ça semble bouger au plus haut niveau... 

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Un rapport du Parlement européen, présenté en mars par la députée Kartika Tamara Liotar, le propose : "Il convient de réduire par quatre, à l'horizon 2030, la consommation de ressources primaires non renouvelables dans l'Union européenne."

Le 16 janvier, dans une conférence de presse à Paris, Alain Juppé déclarait : "C'est une autre croissance qu'il faut inventer, qui s'accompagne d'une décroissance des gaspillages, et nous avons besoin, dans un monde frappé par la pauvreté et les inégalités, d'une croissance moins consommatrice des énergies et des ressources non renouvelables, une croissance respectueuse des équilibres naturels, une croissance qui s'accompagne d'autres modalités de consommation et de production." Très beaux mots. Qu'il faut faire vivre ...

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